Cote : 4Hdépôt 1-81 | | | |
4Hdépôt - Fonds des hôpitaux de Chambéry. Hôpital des incurables et des fous.
Date 1318-1903
Origine Producteur : Hôpitaux de Chambéry
Biographie ou Histoire
Histoire de la conservation
Très peu d'informations relatives aux locaux successifs de conservation des archives de l'hôpital des Incurables sont disponibles. Le règlement de 1785 nous fournit cependant quelques éléments sur la gestion des archives au sein de cet établissement (4Hdépôt 35). Il en ressort l'extrême attention que porte l'administration de l'hôpital à ses titres. Les documents sont sous la responsabilité d'un archiviste nommé pour trois ans parmi les directeurs de l'hôpital, seul à détenir la « clé des archives ». Une armoire, peut-être un local fermé à double tour, accueille donc les documents. Une observation attentive des documents nous informe qu'ils y sont rangés en liasses, pliés en deux dans le sens de la longueur et maintenus par une ficelle dont le nœud peut être scellé à la cire. L'analyse de la liasse est inscrite sur le premier document, accompagnée d'un numéro renvoyant à l'inventaire. Plusieurs liasses peuvent être regroupées dans un sac de jute, dont un carton annoté (souvent le verso d'une carte à jouer) et piqué sur la toile indique le contenu. Toute sortie d'archives doit être consignée dans un « livre des chargés, daté et signé par celui à qui [l'archiviste] remettra [les documents] ». L'archiviste se doit bien évidemment « de tenir les titres biens rangés et étiquetés ». Seul témoin de cette obligation de classement méthodique à nous être parvenu de la période pré-révolutionnaire : l'inventaire des archives du couvent de Sainte-Marie-Egyptienne, effectué en 1783 (9Hdépôt 61), suite à l'acquisition de ce bâtiment par l'hôpital. Il se structure en 5 chapitres cohérents de par leur sujet, cotés de A à E ; au sein de chacun de ces chapitres, chaque pièce reçoit un numéro. Cette cotation alphanumérique est reportée sur chaque document d'archives : elle est encore visible sur les quelques documents inventoriés à nous être parvenus (4Hdépôt 80).
On ne sait ce que deviennent les archives des Incurables, en 1813, lors de la réunion de l'établissement à l'Hôpital général de la Charité. La logique voudrait qu'elles y fussent transférées : peut-être ont-elles alors rejoint la salle voutée dont les administrateurs de la Charité ordonnèrent la construction dans leurs délibérations du 10 décembre 1674, afin d'y déposer leurs titres. Mais tout cela n'est que conjecture. Les archives de l'hôpital des Incurables réapparaissent sur la scène de l'Histoire en 1912, lors du dépôt des anciennes archives hospitalières à la Bibliothèque municipale de Chambéry, dirigée par le conservateur Félix Perpéchon. Ce dernier meurt en 1913, non sans avoir eu le temps d'en rédiger une ébauche d'inventaire qui, même s'il ne fut jamais publié, est resté jusqu'à nos jours la seule clé d'accès à ce fonds déposé en 1944 aux Archives départementales de Savoie.
Note complémentaire des Archives départementales de la Savoie, juin 2016
.
Après l'annexion de la Savoie à la France en 1860, Alexis de Jussieu, archiviste du département, ne peut que constater l'état d'abandon des archives des anciens hôpitaux de Chambéry, entassés pêle-mêle dans les greniers des bureaux de la Commission administrative des hospices et ceux de la Charité. A sa demande, plusieurs tentatives de classement vont être menées par le Marquis d'Oncieu, puis Monsieur Buffet, agent des Archives ou encore par les instituteurs de Montagnole et de Saint-Cassin. On doit au Comte de Faverges en 1874 une première répartition des archives par fonds. Il faut cependant attendre 1891 pour qu'un véritable chantier d'inventaire démarre et aboutisse enfin. Cette année là, la Commission charge Monsieur Marie-Girod, agent technique des hospices (et historien) du classement. En 1893, il achève l'inventaire des archives de l'hôpital de Saint-François et Maché et sans doute aussi celui de l'hôpital des Incurables. Après son décès l'année suivante, le bibliothécaire de Chambéy, Félix Perpéchon, poursuit le travail, auquel il collaborait depuis quelques années en tant qu'auxiliaire de Marie-Girod. En 1895, il remet à Jules Vernier, successeur de Jussieu, les inventaires des archives des quatre hôpitaux de Chambéry.
Modalités d'entrée
En 1944, le bombardement de Chambéry incite les services hospitaliers à transférer leurs fonds d'archives anciennes de la Bibliothèque municipale aux Archives départementales de la Savoie, situées Esplanade du Château et ce dans le but d'une meilleure conservation. Le dépôt est effectué officiellement en 1947. En 1988, le fonds des Incurables rejoint le 244 quai de la Rize, nouveau bâtiment des Archives départementales, où il est encore conservé de nos jours. Ces archives ont effectué un séjour prolongé sous bulle d'anoxie en 2008 dans les sous-sols de la maison, conséquence d'une infestation par les vrillettes de certains magasins de conservation : certains dossiers semblent avoir été égarés lors des nombreux déplacements que cette opération, organisée dans l'urgence, a occasionnés.
Présentation du contenu
Les archives hospitalières se caractérisent par leur grande diversité. Celles de l'hospice des Incurables ne font pas exception. Si les grands registres relatifs à l'administration et les comptes permettent d'appréhender sa gestion, notons cependant que ce type de source ne constitue pas la part la plus conséquente du fonds, et se singularisent, bien au contraire, par leur caractère lacunaire voire inexistant avant les années 1770 : elles sont en cela le reflet fidèle de l'histoire d'un établissement dont l'essor coïncide avec l'accroissement considérable de ces biens. La majeure partie des documents qui nous sont parvenus ont rapport à la gestion du patrimoine de l'hôpital : les testaments, donations, titres de propriétés, et procédures permettront à l'historien de se faire une idée relativement précise de l'étendue des biens des Incurables. L'historique de la propriété de ces biens pourra souvent être reconstitué avec précision grâce à la partie la plus conséquente et peut-être le plus intéressante de ce fonds : les papiers de famille et de congrégation. C'est dans ce type d'archives que le chercheur trouvera les documents les plus anciens du fonds (parchemins des XIV
ème
et XV
ème
siècle).
La conservation de ces papiers de famille et de congrégation au sein des archives hospitalières relève de préoccupations juridiques : les legs et donations s'accompagnaient des archives relatives aux biens remis à l'hôpital, puisqu'il s'agissait pour l'établissement de pouvoir prouver sa propriété pleine et entière en cas de contentieux. L'exemple des papiers de la famille Barlet est révélateur : ce sont plus de 80 cm linéaires d'archives familiales qui accompagnent l'héritage laissé par Jean-Pierre Barlet aux Incurables, son légataire universel. Une formidable mine de renseignements s'offre ici à l'historien, qui pourra s'attacher à démonter les mécanismes de l'ascension social de ce fils de cordonnier de Chambéry, procureur au Sénat de Savoie et à la tête d'un patrimoine considérable, ainsi que les solidarités professionnelles en vigueur au sein du monde de la cordonnerie.
Le fonds de l'hospice des Incurables, bien que relativement restreint, se révèle donc être un instrument de travail pertinent pour l'historien à la recherche de son miel, quelle que soit son approche (institutionnelle, sociale, démographique, etc.) des sources. Pour ce faire, le chercheur croisera ce fonds avec le répertoire 9Hdépôt, qui comporte une part non négligeable de documents relatifs à la gestion de l'hôpital des Incurables D'autant que l'histoire de cet établissement reste à faire : ses archives n'ont jamais fait l'objet d'études sérieuses.
Accroissements
Il semblerait qu'à un moment de son histoire (à l'initiative de Félix Perpéchon ?), le fonds primitif de l'hôpital des Incurables ait été scindé entre archives anciennes et archives modernes, en fonction de la coupure réglementaire instaurée par la circulaire de 1854 sur le classement des archives hospitalières. Si les archives anciennes sont ainsi l'objet de ce répertoire numérique, les archives postérieures à 1790 font de nos jours partie d'un vrac d'archives hospitalières (9Hdépôt).
Conditions d'accès
Le fonds est librement communicable sous réserve des restrictions nécessitées par l'état matériel des documents.
Informations sur le traitement
Cet instrument de recherche a été réalisé en 2009 par Jocelyn Perradin, sous la direction de Danièle Munari, responsable de l'unité « archives et territoires », dans le cadre du Master II « métiers des archives » de l'université Lyon III. Il se conforme aux recommandations de l'ouvrage de la Direction des Archives de France : Les instruments de recherche dans les archives, Paris, La Documentation française, 1999, et de la deuxième édition de la norme générale et internationale de description archivistique (ISAD-G). Ce travail s'est également inspiré du répertoire numérique du fonds du Centre hospitalier régional universitaire de Tours (H-dépôt 4), conservé aux Archives départementales d'Indre-et-Loire.
Mode de classement
La circulaire du 10 juin 1854, publiée dans le Recueil des actes administratifs, établit un cadre de classement réglementaire des archives hospitalières antérieures à 1790 en huit séries méthodiques, désignées par les lettres majuscules de l'alphabet (A à H) et s'applique aux archives antérieures à 1790. C'est selon ce règlement que Félix Perpéchon a effectué son classement du fonds de l'hôpital des Incurables. Cet inventaire manuscrit, seule clé d'accès au fonds des Incurables, aussi précieux soit-il, se devait d'être réécrit selon les normes de description archivistique actuelles. Les analyses, tantôt lacunaires, tantôt transcriptions de documents entiers, rarement reflet fidèle et complet des dossiers décrits, ont été réécrites. Les grandes séries méthodiques que Perpéchon avait fait siennes ont été respectées : leurs intitulés ont été repris en tant que sous-titre du présent répertoire ; la décision de recôter le fonds a été prise, ne serait-ce que pour éviter au lecteur la consultation de dossiers de plus de 30 cml ou au contraire d'une seule pièce : certaines côtes ont donc été scindées, quelques-unes regroupées, d'autres encore ont vu leurs pièces redistribuées, toujours dans un souci de cohérence accrue. Certaines pièces mal classées ont été réintégrées dans leur dossier d'origine ou à leur place logique. La cotation en grandes séries alphabétiques a été abandonnée au profit d'une cotation continue. Les cotes qui se sont révélées manquantes lors de la reprise de l'inventaire de Félix Perpéchon ont été maintenues dans le présent répertoire numérique : leur contenu, décrit à partir des analyses de Félix Perpéchon, est précédé de la mention « côte manquante ».
Précisons enfin que la date de 1790, fixée par la circulaire de 1854, pertinente pour le territoire français, ne l'est pas pour le Duché de Savoie. Il faut attendre son rattachement à la République Française, en novembre 1792, pour que la Révolution atteigne la Savoie. En outre, ses effets directs sur les hôpitaux chambériens restent faibles jusqu'à ce que la loi du 16 Vendémiaire an V ne réforme le système hospitalier en plaçant les différents établissements d'une même ville sous l'autorité d'une seule et même autorité administrative. Aussi ce classement du fonds ancien de l'hôpital des Incurables comprend-il l'ensemble des archives jusqu'en 1793, mais également des documents couvrant le début de la période révolutionnaire en Savoie : la « coupure » de 1793 n'a pas été respectée lorsqu'elle impliquait de scinder des articles
Autre Instrument de recherche
http://www.savoie-archives.fr/archives73/ir_pdf/HDEPOT/AD073_HD_IR705.pdf
Mots-clés Collectivité Hôpitaux de Chambéry voir la notice descriptive