Cote : 9Hdépôt 1-119 | | | |
9Hdépôt - Archives hospitalières : fonds des hôpitaux de Chambéry (supplément)
Date 1553-1854
Origine Hôpitaux de Chambéry : hôpital Saint-François et Maché (1370-1793), hôpitaux de la Charité et des Repenties (1645-1793), Hôtel-Dieu (fondation en 1647), hôpital des Incurables (fondation en 1740), hospices civils de Chambéry (fondation en l'an II)
Biographie ou Histoire
Histoire de la conservation
La mémoire de la conservation de ce supplément aux archives des hôpitaux de Chambéry, a disparu. Elle ne peut être que reconstituée, avec plus ou moins de bonheur, à partir des indices que récolte l'archiviste lors de son travail de classement ou dans ses recherches.
L'histoire contemporaine de ce vrac, et tout particulièrement les évènements qui présidèrent à sa constitution, sont paradoxalement les plus difficiles à reconstituer. Ce regroupement de documents résulterait de l'entreprise de classement des archives hospitalières entrepris par Félix Perpéchon, suite à leur dépôt en 1912 à la Bibliothèque municipale de Chambéry. Lors de son travail, le conservateur de la Bibliothèque municipale semble avoir séparé les archives antérieures et postérieures à 1790, afin de respecter la coupure réglementaire imposée par la circulaire de 1854 relative aux archives hospitalières. Si les archives anciennes ont ainsi fait l'objet de quatre inventaires, les archives révolutionnaires et post-révolutionnaires de ce dépôt n'ont jamais été inventoriées : emporté par la mort en 1913, Félix Perpéchon n'aurait pas eu le temps de revenir à ces documents mis de côté, et aurait donné naissance à ce vrac dépourvu de cohérence. Le décès prématuré du conservateur peut également expliquer la présence d'archives anciennes. Peut-être Félix Perpéchon n'a-t-il pas pu achever le traitement du dépôt de 1912 et incorporer ces documents à ses travaux d'inventaire : n'oublions pas que ces derniers, à l'état de brouillon lors de son décès, nécessiteront leur reprise par André Biver, afin d'être partiellement publiés. La prudence est cependant de mise. Aucune certitude ne peut être dégagée, d'autant que les multiples déménagements dont ce vrac fut l'objet ont brassé les archives et fait disparaître toute trace d'un ordonnancement quelconque.
La vie de ces archives avant leur séparation du reste des archives hospitalières est elle aussi difficile à reconstituer. L'oubli dans lequel dormirent longtemps ces documents peut cependant être considéré comme une chance pour qui s'intéresse aux pratiques d'archivages en vigueur au XVIII
ème
siècle : une partie des documents nous est parvenue dans son conditionnement d'origine. On peut se rendre compte que les documents, une fois pliés en deux dans le sens de la longueur, étaient conservés en liasses et regroupés dans des sacs de jute piqués d'un carton indiquant leur contenu. L'analyse de chaque liasse et de chaque document est reportée à son verso, accompagnée parfois d'une côte renvoyant à un inventaire. On peut citer en exemple les archives du couvent de Sainte-Marie-Egyptienne, conservées dans le fonds de l'Hôpital des Incurables (4 H-dépôt 80) : leur inventaire, conservé dans ce vrac (9 H-dépôt 61), est structuré en cinq chapitres cohérents de par leur sujet, cotés de A à E ; au sein de chacun de ces chapitres, chaque pièce reçoit un numéro. En résulte une cote alphanumérique que l'on retrouve au verso des documents. Dans le même esprit, les registres de Saint-François et Maché renvoient à un système de classement alphabétique, mis en place avant la Révolution : le livre des pensions et appointements (9 H-dépôt 3), marqué sur sa tranche de la lettre P, renvoie à un « livre des fondations et servis &[] coté K » à son premier folio ; le livre des créances (9 H-dépôt 5) est quant à lui coté B.
Ce souci de classement n'est cependant pas l'apanage des hommes du XVIIIème siècle. L'inventaire des archives hospitalières dressé en 1836-1839, suite à l'édit royal du 24 décembre 1836, nous fournit quelques renseignements sur le classement des documents au sein de l'administration unifiée des Hospices de Chambéry. Cet épais registre, seul inventaire complet pour la période moderne, comporte autant de sections que d'établissements hospitaliers. Au sein de chaque section, les pièces de chaque hôpital sont inventoriées en deux « parties » : la première recense les titres relatifs à la fondation, aux propriétés et aux créances ; la seconde présente les comptes des receveurs, puis les registres. Entre ces deux parties est inséré un « rapport sur le but et l'origine » de l'établissement en question, suivi d'un « tableau indicatif des propriétés aliénées et des créances perdues par l'effet de la révolution française ».
Modalités d'entrée
En 1944, le bombardement de Chambéry incite les services hospitaliers à transférer leurs fonds d'archives anciennes de la Bibliothèque municipale aux Archives départementales de la Savoie, situées Esplanade du Château et ce dans le but d'une meilleure conservation. Le dépôt est effectué officiellement en 1947. En 1988, ce vrac d'archives hospitalières rejoint le 244 quai de la Rize, nouveau bâtiment des Archives départementales, où il est encore conservé de nos jours. Ces archives ont effectué un séjour prolongé sous bulle d'anoxie en 2008 dans les sous-sols de l'établissement, conséquence d'une infestation par les vrillettes de certains magasins de conservation.
Présentation du contenu
Ce supplément aux archives des hôpitaux de Chambéry est constitué d'un vrac de documents singularisé par son caractère hétéroclite. Les raisons en sont multiples. Tout d'abord la diversité intrinsèque des archives hospitalières : les titres de propriétés voisinent avec les grands registres produits par les administrations hospitalières, puisqu'il s'agit tout à la fois de gérer des patrimoines conséquents et d'assurer la bonne marche des établissements. En outre, ce vrac est le résultat de la réunion artificielle de documents provenant des différents établissements chambériens : les documents écartés lors des divers inventaires établis par Félix Perpéchon semblent avoir nourri cet ensemble. Le spectre chronologique couvert par ces archives est donc large. Si ces dernières ont été produites dans leur grande majorité sous la Révolution, et au XIXème siècle, du temps des Hospices de Chambéry, certaines pièces remontent au XVI
ème
siècle : les papiers du collège jésuite de Chambéry, présents dans le sous-fonds de l'Hôtel-Dieu, fournissent les documents les plus anciens.
Ce vrac, des plus artificiels, ne pourra donc être étudié pour lui-même par l'historien. Il ne « fonctionne » qu'en parallèle des autres fonds constitués d'archives hospitalières, auxquels la logique voudrait qu'il soit réuni : au sein de chaque sous-fonds, les archives antérieures à 1793 dialoguent avec celles des fonds 1 H-dépôt (archives anciennes de Saint-François et Maché), 2 H-dépôt (archives anciennes de la Charité), 3 h-dépôt (archives anciennes de l'Hôtel-Dieu), et 4 H-dépôt (archives anciennes des Incurables). Les archives postérieures à la création des Hospices de Chambéry doivent quant à elles être étudiées en parallèle du fonds des établissements hospitaliers de Chambéry (fonds 0 (zéro)). En adaptant sa méthode de travail à ces considérations, l'historien trouvera un matériel de premier ordre pour reconstituer l'histoire des différents établissements hospitaliers chambériens, quelle que soit son approche (institutionnelle, démographique, sociale, médicale&).
Mode de classement
Les archives ont été, au sein de cet inventaire, classées par établissement hospitalier, pratique qu'atteste l'inventaire de 1837-1839. Cette répartition des archives, qui se veut la plus proche possible de celle en vigueur au XIXème siècle, permet en outre d'embrasser sans difficulté l'ensemble des documents se rapportant à chacun des hôpitaux, et de traduire leur autonomie respective au sein des Hospices de Chambéry.
Aussi ce vrac d'archives a-t-il été réparti en quatre sous-fonds : hôpital de Saint-François et Maché, hôpital de la Charité et des Repenties, Hôtel-Dieu, et hôpital des Incurables. Au sein de chacune de ces sections, les documents ont été classés selon les règlements en vigueur pour le classement des archives hospitalières.
La circulaire du 10 juin 1854, publiée dans le Recueil des actes administratifs établit un cadre de classement réglementaire des archives hospitalières antérieures à 1790 en huit séries méthodiques, désignées par les lettres majuscules de l'alphabet (A à H) et s'applique aux archives antérieures à 1790. Cette circulaire a été complétée par un second règlement élaboré en 1968, répartissant les archives postérieures à 1790 en treize séries méthodiques (J à U et Z). Les intitulés de ces séries structurent chacun des sous-fonds.
Les archives que nous n'avons pu rattacher à aucun établissement hospitalier, peu nombreuses, ont été regroupées en fin du présent répertoire. Les archives hospitalières déjà inventoriées et cotées ont été réintégrées dans leur fonds d'origine.
Précisons enfin que la coupure réglementaire entre archives anciennes et modernes fixée à 1790 par la circulaire de 1854, pertinente pour le territoire français, ne l'est pas pour le duché de Savoie. Il faut attendre son rattachement à la République française, en novembre 1792, pour que la Révolution et ses traductions sociales et législatives n'atteignent la Savoie. Aussi les archives de chaque établissement observent-elles une coupure que nous avons fixée au premier janvier 1793 ; elle n'a cependant pas été respectée lorsqu'elle impliquait de scinder des dossiers.
Mots-clés Collectivité Hôpitaux de Chambéry voir la notice descriptive